Mr B, 56 ans, consulte pour une fessalgie gauche depuis 5 ans, arrivée suite à un port de charge. La douleur est constamment présente nuit + jour, notamment lorsqu’il est en position debout. Il présente un périmètre de marche de 10 min (max qu’il puisse marcher d’affilée sans douleur). Il ne présente pas de trouble aux toilettes, ni d’impulsivité de la douleur.
Une IRM lombaire a été réalisée en mai 2022 montrant au niveau L4-5 + L5-S1 : « there are mild posterior disc protrusions irritating the thecal sac ».
Les tests neurologiques des membres inférieurs sont négatifs. Les tests orthopédiques lombaires reproduisent la douleur dans la fesse gauche. On reproduit une douleur importante lors de la palpation sur la fesse gauche.
A ce stade, tout porterait à croire que la douleur vient du bas du dos. Finalement un examen plus poussé, notamment au niveau de la hanche, reproduit la symptomatologie du patient (c’est-à-dire ce point sur la fesse gauche). Au vu de la douleur constante et qui traîne depuis des années, un ensemble d’examens (X-ray hanche + IRM hanche) ont été prescrit au patient.
Les résultats révèlent une ostéonécrose de stade IV pour la hanche gauche et de stade II pour la hanche droite (qui est non douloureuse= asymptomatique).
La hanche est l’articulation qui forme la jonction entre les jambes et le tronc, elle supporte le poids du corps et est donc soumise à d’importantes contraintes. Le haut de l’os de la cuisse : le fémur, vient s’emboîter dans l’os iliaque (le bassin) au niveau d’une cavité appelée acétabulum ou cotyle.
La hanche, ou articulation coxo-fémorale, est une articulation « emboîtée » qui joue un rôle majeur dans la marche ainsi que dans la flexion et la rotation du tronc.
L’os de la cuisse, le fémur se termine par la tête fémorale qui a la forme d’une sphère venant s’emboiter au niveau du bassin ou os iliaque dans une cavité appelée cotyle ou acétabulum.
Les deux pièces osseuses sont réunies par une capsule articulaire et par des ligaments coxo-fémoraux.
Une ostéonécrose de la tête fémorale correspond à la nécrose ou mort osseuse au niveau de la tête du fémur, et fait suite à un défaut de la vascularisation osseuse.
Cet os nécrosé devient plus fragile que d’habitude et est alors plus susceptible de se fracturer. Par ailleurs, l’articulation de la hanche va progressivement se déformer et une arthrose peut s’y développer.
L’ostéonécrose avasculaire de la tête fémorale évolue en plusieurs stades radiologiques correspondant à la classification de FICAT (ci-contre) :
Quelles sont les causes ?
Une ostéonécrose de la tête fémorale est le plus souvent d’origine traumatique : la fracture du col du fémur représente la cause la plus fréquente et concerne généralement les sujets âgés.
Concernant les étiologies non traumatiques, certains facteurs de risque peuvent être responsables d’une ostéonécrose de la tête fémorale, tels que :
→ Cependant, dans environ 20% des cas, la nécrose de la hanche est d’origine inconnue.
Quel traitement ?
Pour les Stades I et II, des études montrent que la thérapie par ondes de chocs extra-corporelles à haute énergie entraîne un soulagement de la douleur ainsi qu’une restauration de la fonction.
En règle générale, la solution chirurgicale est privilégiée à partir du stade 3:
Et pour ce patient ?
Une lettre de référence à un chirurgien orthopédique a été écrite afin qu’il puisse se faire opérer pour la hanche gauche (ostéonécrose de la tête fémorale de stade IV) 🡪 prothèse totale de hanche.
Pour la hanche droite (ostéonécrose de la tête fémorale de stade II), un protocole (fonctionnel + d’onde de choc focal) va être mis en place afin de limiter l’évolution de la pathologie. En effet, la phase de fonctionnel vise à “réveiller” les muscles endormis grâce à une Technique d’électrostimulation péri-neurale périphérique (EIP) qui permet également de désensibiliser les nerfs pour avoir un effet antalgique et améliorer le contrôle musculaire. Les ondes de chocs focales permettent, quant à elles, de limiter l’évolution de la pathologie à un potentiel stade 3 et donc la chirurgie.
Article rédigé par :
Dr Gautier Tiberi DC, Chiropracteur
Grand-Baie : Chiropractic Care Center , Grand-Baie La Croisette (2ème étage)
Moka: Wellkin Hospital & Royal Green Hospital